Difficile d’écrire une critique après les éloges de la presse et de certaines reviews amies.
De toute façon, difficile d’écrire une critique tout court au sortir de 12 years a slave.

Je vais essayer de choisir mes mots avec soin, tant l’indécision me gagne après la vision du dernier Steve McQueen.

Le film est magnifique dans sa forme, ce qui n’est pas une surprise. On connaissait déjà le travail du réalisateur anglais. Les plans sont longs, beaux et poignants, l’œil de la caméra va chercher l’essentiel dans chaque images.
Le casting est complètement dingue (la liste est aussi belle que longue) et Chiwetel Ejiofor qui campe le personnage principal, et fait sa première tête d’affiche, impressionne grandement.

Sans spoiler, 12 years a slave comprend quelques scènes chocs dont une viscérale qui met la salle très mal à l’aise et qui appui là où ça fait mal et il est évident qu’il joue à fond la carte émotionnelle.

Là se trouve à mon sens le petit bémol.

Le truc qui m’a un peu titillé, c’est cette impression de voir un film estampillé « film à Oscar ».

Comme beaucoup d’œuvres acclamées et récompensées pour leur puissance émotionnelle, 12 years a slave possède ce petit quelque chose dérangeant.
Une impression de formatage sans doute dû à sa sur-médiatisation (artifice hélas de plus en plus répandu à Hollywood) m’empêchant peut-être de le voir comme il a sûrement dû être pensé et écrit : un pamphlet contre le racisme, l’intolérance et la cruauté humaine.

Tout au long du métrage, je me suis demandé comment il était possible que celui-ci n’est qu’un avertissement. Mis à part la scène extrêmement douloureuse dont je parle vite fait ci-dessus, 12 years a slave est psychologiquement assez insoutenable.
Après réflexion, il m’apparaît que la commission de censure a fait les choses dans le bon sens. Car si je le déconseillerai fortement à un jeune de 11/12 ans, il est clair qu’il devrait être vu par les moins jeunes dans un but plus pédagogique.

Quoi qu’il arrive, je vois mal comment 12 years a slave peut passer à côté de l’Oscar du meilleur film. (Mise à jour le 11 décembre 2017 : je ne m’étais pas trompé !)

Je reste donc mitigé avec l’impression d’avoir vu un grand film, mais d’avoir été abusé de mes émotions et de mon sens critique.

8/10

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