Je pourrai m’étaler sur la traduction française des films américains en général et du titre de celui-ci en particulier (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri en anglais, quand même) mais c’est une dépense d’énergie inutile (soupir) Pourquoi laisser le titre en anglais si par derrière on n’assume pas et on y accole un sous-titre ridicule. Pourquoi pas Don’t breathe ; la maison des ténèbres ou bien Batman v. Superman ; l’aube de la justice tant qu’on y est ? Ah merde…

Bref !

Martin McDonagh, réalisateur du très aimé (sauf par moi) Bons baisers de Bruges, nous offre un film assez jubilatoire bien que sombre et pessimiste. Lorgnant clairement du côté des frères Coen, le petit grain de folie en moins, 3 billboards ausculte les relents nauséabonds d’une Amérique profonde gangrénée par le racisme, l’homophobie, l’alcool et l’inculture. Mais étonnamment, les protagonistes ne sont pas tous blancs ou tous noirs. Ainsi, le personnage joué par Frances McDormand, visage fermé, tout en colère intériorisée car endeuillée par la perte de sa fille (ce qui est à l’origine des panneaux) emprunte parfois des chemins limites pour ne pas dire détestables. Mais comment ne pas comprendre sa douleur sourde ? L’inverse est également vrai et l’on fini par s’attacher à des personnages franchement abjectes. Leur environnement, leurs doutes, leurs failles, leurs colères, tout y est crédible.

Et comme toujours : Personnages attachants = Emotion.

Donc oui, 3 billboards ; les panneaux de la vengeance (ah, j’y arrive pas !) est un bon film, voire un très bon film. Porté par un casting 5 étoiles – Frances McDormand et Sam Rockwell sont absolument incroyables – le long métrage du réalisateur anglais met rapidement tout le monde d’accord. Une esthétique sans faille (aaah le plan séquence que nous appellerons du « vol plané ») des acteurs fabuleux (je me répète mais il est rare de voir autant de justesse de jeu concernant absolument tout le casting) et un sujet compliqué qui malgré sa noirceur n’en oubli pas l’humour (on se marre pas mal)

Après, est-ce parce que les critiques sont unanimement très bonnes ? Est-ce parce que 3 billboards (…) a reçu de nombreuses distinctions et est pressenti grand gagnant pour les Oscars ? Je n’ai pas « reçu » ce film comme un GRAND film, il ne m’a pas boulversé et je ne l’achèterai probablement pas en DVD. Mais j’ai passé un fort bon moment. Décidément l’année commence bien.

Et je vous le conseille 😉