Disparu depuis un an après une mission secrète, un militaire, hagard réapparait très mal en point ne sachant pas d’où il vient. Sa femme, Lena, une biologiste et ancienne de l’armée américaine également (Nathalie « incredible » Portman) va tenter de découvrir ce mystère.

Après Ex Machina film d’anticipation très efficace sur l’intelligence artificielle, Alex Garland signe ici sont retour derrière la caméra. Et surprise, l’O.F.N.I. (Objet Filmique…) sort sur Netflix. On ne peut pas dire que j’ai accueilli la nouvelle avec joie tant The Cloverfield Paradox, précédente sortie sur la plateforme de streaming américaine, m’avait insupportée http://nobirama.fr/a-propos/the-cloverfield-paradox/

Alors, les films achetés par Netflix sont-ils « insortables » en salle ?

Ce qui est amusant à savoir, c’est que Paramount qui produit Annihilation voulait en faire changer la fin et que le réalisateur britannique n’a jamais voulu lâcher le morceau. Netflix, probablement moins frileux que la major, a fini par acquérir le droit de sortie. J’ai beau adorer les salles obscures depuis des lustres, je trouve qu’il y a une petite excitation supplémentaire à savoir qu’on peut regarder un long métrage fraichement sorti, de chez soi et je ne pense pas que ce soit la mort des cinémas. Tout comme la tablette n’a pas signé la mort des livres papier.

Annihilation est un bon film mais aurait pu être un grand film.

Malheureusement, il n’est pas exempt de défauts qui parfois éclaboussent un peu la fable SF tourmentée et sombre de Alex Garland. Je commentais sa sortie sur Netflix, voilà déjà un point négatif. Annihilation a besoin d’espace et de respiration car la majeure partie du film se passe dans une zone inconnue assez incroyable, possiblement dangereuse (personne n’y est revenu) : Le miroitement. Cette espace, également appelé Zone X, est un lieu modifié et transformé aux couleurs chatoyantes qui aurait eu grand besoin d’un bon format Scope. On commence à voir ici les limites du format TV. Concernant la forme, le film parvient difficilement à trouver son rythme. Parfois très lent, parfois très violent (une scène en particulier donne des suées) parfois aussi à la limite du compréhensible, l’arc narratif du film balade le spectateur entre passé et présent de façon un peu fouillis. Quand on voit la fluidité d’un Premier contact on ne peut qu’être déçues. Mais n’est pas Villeneuve qui veut !

Un autre point qui fera divergence, je pense, se situe au niveau de la confection des effets spéciaux. C’est évidemment quelque chose qui me tient à coeur. Eh bien je n’arrive pas à savoir si j’ai aimé les effets visuels ou s’ils m’ont dérangé. Le miroitement est une zone où les rayons du soleil prennent une teinte mordorée et il s’y passe beaucoup de chose que je ne dévoilerai pas dans ces lignes. On frise parfois le grotesque sans jamais être ridicule mais l’univers est tellement déroutant et poétique qu’au final on aurait tendance à se laisser porter et y croire. En fait je crois surtout que notre cerveau est tellement conditionné à voir le même type d’effets films après films que lorsque quelque chose sort du lot, nous sommes déroutés. Tant mieux finalement !

Au final Annihilation est un film assez simple dans sa forme (malgré les flash-backs faussement compliqués). Le fond en revanche prête à de multiples interprétations (ça sent déjà le remue-méninge dans les forums ciné) mais le réalisateur nous avait déjà habitué à ça puisqu’il fût scénariste de Sunshine, film de SF de Danny Boyle à la psychologie torturée. Un film étonnant voire troublant donc, qui aurait dû sortir sur grand écran, malheureusement pour nous.

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