Tel un rouleau compresseur, le MCU (comprenez Marvel Cinematic Universe pour les retardataires) continue d’écraser implacablement tous films, gros ou petits, se mettant en travers de son chemin.

Un nouveau justicier – en provenance d’un pays imaginaire africain secrètement protégé et pourvu d’une technologie sans pareil ; le Wakanda – fait son retour. Après une brève apparition dans Captain America : Civil war, Black Panther revient donc dans un film qui lui est propre. Une Origin story comme disent les américains. Après la mort de son père, roi du Wakanda (scène vu dans le troisième épisode de Captain America, vous suivez ?), T’Challa alias Black Panther, reviens dans son pays revendiquer son trône. 

Alors que vaut ce nouveau film des écuries Disney ?

Marvel n’a jamais brillé par l’originalité de ses scénarios. Certains opus sont plutôt divertissants et bien foutus (Iron man, Les gardiens de la galaxie, Spider-man : Homecoming) d’autres complètement ratés voire « inregardables » (L’incroyable Hulk, Iron man 2, Avengers : l’ère d’Ultron)

Malgré quelques clichés et certains effets spéciaux à la limite du raisonnables, Black Panther se situe nettement dans le haut du panier. Mais qu’ils soient bons ou mauvais, passables ou imbuvables, nous, spectateurs, avons un peu l’impression de voir toujours la même chose.

Si les films Marvel se ressemblent tant, c’est que nous sommes ici dans un univers formaté, complètement fermé. La recette fonctionne à merveille et les films continuent de rapporter des centaines de millions (de milliards pour certains) alors pourquoi faire autre chose ? Doit-on vraiment prendre le risque de sortir des sentiers battus on « pondant » un épisode fantastique qui dénote violemment du reste de la franchise (qui risquerait de perdre le spectateur de base et en plus d’être un four économique) ? On aimerait leur dire, aux producteurs (coucou Kevin Feige) qu’avec l’apport d’un vrai réalisateur, d’un véritable auteur, avec une vision bien à lui, le simple divertissement pourrait se transformer en quelque chose de génial comme ce qu’a réussi à faire Christopher Nolan avec Batman. On aurait envie de Grand cinéma divertissant. Sauf que Nolan a un statut d’indépendant – il a sérieusement galéré pour en arriver là et a dû faire ses preuves – et si l’on regarde attentivement une autre grosse franchise ; Harry Potter, on se rend compte que l’épisode préféré des cinéphiles, celui réalisé par un vrai faiseur d’image génial et inventif (Alfonso Cuaron pour Le prisonnier d’Azkaban) est le volet qui a rapporté le moins d’argent de la saga. Désespérant… 

A quelques exceptions près, Black Panther ne déroge hélas pas à la règle. Si l’action se situe majoritairement en Afrique, les enjeux demeurent inchangés. Les personnages malintentionnés ont toujours pour dessein la même soif de pouvoir ou de vengeance alors que les good guys aspirent à la justice et au bon fonctionnement de notre monde. Malgré tout Black Panther fourmille d’idées et n’hésite pas à se servir dans des registres incongrus. Par exemple 007 n’est parfois pas loin et on se surprend à adorer ça. Le film véhicule également un message certes simpliste mais extrêmement humain et fédérateur. Tenu par un casting composé quasi exclusivement d’afro-américains tous incroyables, mais affublés d’un accent « wakandais » des plus ridicule (mais pourquoooiiii !?!) le métrage n’est pas à l’abri de quelques fautes de goût. Les fonds verts (ou bleus si vous préférez) sont repérables dans les moindres plans. Normal, aucune scène n’a été tournée en Afrique. Tristesse.

Pourtant, une fois n’est pas coutume, Marvel laisse un jeune réalisateur indépendant aux manettes. Ryan Coogler, 31 ans et auteur de deux films remarqués : Fruitvale station, qui relate l’histoire vrai d’un jeune afro-américain tué d’une balle dans le dos par un policier en 2009. L’affaire est un scandale mais le film un gros succès d’estime avec le Grand prix du jury au festival de Sundanse à la clé, entre autre. Coogler signe également un deuxième succès critique et public : Creed, spin-off terriblement efficace de Rocky. On comprend pourquoi les producteurs lui on mis le grappin dessus même si je trouve assez limite l’idée de chercher absolument à prendre un réalisateur noir pour faire un film sur un super-héros noir sur le continent africain. Coogler s’attaque donc à une énôôôrme franchise et il faut avouer que l’on a du mal à trouver la pâte du réalisateur, tant Black Panther est formaté MCU.

En bref, Black Panther est un film nerveux, coloré, drôle parfois, plein de bonnes idées (dont sa musique très réussie) véhiculant au passage des valeurs d’unité mais alourdi par le cahier des charges qu’impose l’usine à blockbusters qu’est Marvel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *