Après son fantastique Monsters sorti en 2010, Gareth Edwards s’attaque à un remake casse-gueule, commandé par un gros studio hollywoodien (Universal en l’occurrence).
On ne l’attendait pas forcément dans ce registre tant son premier film, ancré dans le fantastique, était d’une sensibilité rare.

Après, il n’y a pas de mystère ; développer avec soin une histoire et ses personnages, donner de l’esprit à un corps composé de supers-héros, de monstres géants ou d’extraterrestres belliqueux apporte indéniablement aux métrages une dimension épique et peut provoquer sans peine un dressage de poil ou une rivière de larme.
Nolan et Singer sont d’ailleurs souvent cités, tant leurs œuvres super-héroïque ont changé la façon de voir les blockbusters.
Après, on peut aussi créer quelque chose de spectaculaire mais fun comme Pacific Rim ou les films Marvel, avec leurs univers propres et leurs interactions malignes. Pour finir (et c’est ce qui se fait malheureusement le plus à Hollywood) en mettre plein la vue et se foutre éperdument des spectateurs en produisant une daube à grand spectacle (Transformer, Battleship, man of steel…)

Godzilla se situe entre deux, la catégorie des films intelligents ET fun.

Ultra spectaculaire, le film possède quelques plans à la beauté fulgurante. On sent clairement une approche Spielberguienne dans la mise en scène (le réalisateur en est fan). L’intro du film pourrait complètement sortir de Jurassic park.
D’ailleurs on ne peut s’empêcher de penser à beaucoup d’autres films comme Cloverfield ou The impossible et le fantôme de Fukushima flotte dans tout les esprits. Mais rien n’est véritablement pompé. À l’instar d’un Tarantino fan de cinoch, Gareth Edwards semble avoir digéré des kilotonnes de pellicule bien bourrines et se fait un plaisir de nous montrer se qu’il sait faire avec ses propres outils.

Le scénario reste simple mais rebondi adroitement sans véritables incohérences.
Les acteurs sont tous terribles – dans le bon sens – et les rôles suffisamment bien écris pour qu’on s’identifie à eux.

Une scène en particulier, où l’on suit l’un des personnages principaux fuyant le chaos pour se réfugier sous terre, illustre bien ce parti-pris d’originalité dans le traitement de l’histoire. La frustration est au rendez-vous car la caméra accompagne le personnage dans son refuge et nous empêche de voir l’apocalypse se déchaîner.

Au même titre que Cloverfield, l’impression de vivre un cauchemar éveillé est réel et on passe pas mal de temps agrippé à son fauteuil, la caméra tremblante en moins !

Le seul bémol vient de la fin extrêmement spectaculaire mais qui tire un poil en longueur. Sinon rien à redire, Godzilla c’est l’éclate totale, à voir sur grand écran de préférence.

8/10

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