David Fincher fait parti des rares réalisateurs dont je vais voir tout les films au cinéma, que le sujet me plaise ou non.

Son incroyable maitrise de la mise en scène et de l’espace, son sens du détail qui n’en est jamais un, l’aspect froid, « métallique » de sa pellicule, ses ambiances chaudes, froides, lumineuses qui se croisent toujours avec bon goût, son jeu sur les focales, son montage d’une précision chirurgicale ; le tout sans dénaturer le fond…
Ce mec est un génie.

Même si je ne suis pas forcément fan de l’intégralité de sa filmo, il y a toujours quelque chose qui vous retourne ou vous réveille chez ce réalisateur.

Alien 3 ne m’a jamais vraiment convaincu (mais apparemment lui non plus), Zodiac est un peu trop long et foutraque à mon goût malgré certaines fulgurances et Panic room un peu lisse et calibré.
Fincher reste quand même le type qui arrive à faire aimer le cinéma en parlant de Facebook !
Mais bon : fight club, The game (j’adore ce film) la série House of cards et surtout Se7en – rien que pour ce film, il a ma bénédiction pour les 50 années à venir – le type impressionne !
Même des films moins majeurs comme Millenium ou Benjamin Button qui, malgré ses qualités essentiellement techniques, a eu les yeux plus gros que le ventre, arrivent à sortir du lot.

Je mettrais Gone girl dans le milieu du panier.
Avec l’âge, David Fincher semble garder la même rigueur sur la forme, avec un sens du timing incroyable dans sa mise en scène et c’est tant mieux ! C’est sur le fond qu’il y a un peu de laisser-aller et quelques facilités.
L’histoire monte en puissance rapidement, mais quelques légers flottement et une petite baisse de régime en fin de parcours ralentissent un poil le rythme.
Il est vrai qu’ayant lu le bouquin bien avant, les surprises et rebondissements du scénario m’étaient connus.
Une petite réserve sur la musique, parfois mal placée, injustifiée ou tout simplement trop présente.
Pour en finir avec les notes un peu décevante, j’aurai également une réserve sur le choix de Ben Affleck comme acteur principal. Aucune fausseté de sa part, mais le mec est un peu inexpressif (ah bon ?!) Dommage.
Qu’il retourne derrière la caméra, où il excelle.

A part ces quelques petits reproches, le reste du casting est excellent. Rosamund Pike, que j’aimais déjà beaucoup avant, va faire parler d’elle tant elle est fabuleuse.
Je pourrai m’étendre sur l’histoire, mais c’est un jeu périlleux que je laisse aux professionnels. En dire trop serait du gâchis.

Fincher a toujours aimé dépeindre la décadence et les travers de la société américaine (le jusqu’au-boutiste des meurtres de Se7en, le côté ultra anar de Fight club, l’extrême protectionnisme de Pannic room, les déviances de certains protagonistes de Zodiac…).
Gone girl n’échappe pas à la règle mais sur un ton beaucoup moins radical.
Sur ce coup, l’ami Finch est encore plus pervers et malin que d’habitude car sous son côté ultra classique, Gone girl met à nu (au propre comme au figuré) toutes les aspérités d’un couple, qui, disséquées devant l’œil voyeur du spectateur, vont devenir des failles béantes, des points de non retour.

La méchanceté, la bêtise, l’illusion, le faux-semblant voilà les thèmes qu’illustre fort bien Gone girl.
Classique certes, mais percutant, incisif et grinçant.

Un très bon cru en fin de compte.

8/10

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