Je vais finir par croire que mon jugement vis à vis des blockbusters n’est qu’une question d’impatience. Je remarque en effet que dès que j’attends fébrilement un film, je le trouve moyen, voir nul, alors que quand je m’en fous, je suis souvent agréablement surpris.
Le premier Jurassic world m’avait profondément ennuyé. Une espèce de suite/reboot très à la mode depuis quelques années, sans saveur et désespérément vide de frissons, de renouveau et d’aventure. Les personnages n’étaient pourtant pas si mal écris et nous avions le droit à notre sempiternelle palanquée de dinos, du plus kawaii au plus badass mais franchement, quelle déception.
Vous l’aurez compris, chers lecteurs assidus de mon cœur, je suis allé voir Jurassic world deuxième du nom ; pompeusement appelé « Fallen kingdom » (probablement parce que « return of the old ages awaken dinosaures » était déjà pris) je n’en attendais pas grand chose et je l’ai aimé !
C’est en fait lorsque le générique de fin est arrivé et que le nom du réalisateur s’est affiché sur l’écran que j’ai compris que ce n’était pas vraiment dû au hasard. J’avais complètement oublié, mais c’est Juan Antonio Bayona, qui a filmé The impossible, Quelques minutes après minuit et surtout réalisé L’orphelinat, qui officie derrière la caméra. Joie !
Il nous livre ici un film fun et épique dans sa première moitié et carrément sombre dans sa deuxième. Alors on est d’accord, ça reste du Jurassic park, hein ! On n’échappe pas à l’inévitable panoplie de clichés, je cite en vrac : le super méchant très riche, le super méchant chasseur très con, le geek qui pousse des cris mais réussi à rebooter ce qu’il y a à rebooter, le bel aventurier athlétique et pas mal drôle, le dino qu’on croit qu’il est méchant mais en fait ça va et le gros dino, là pour le coup ça rigole plus… je caricature à mort mais nous sommes (hélas) dans les canons d’une superproduction Universal. Difficile de sortir « vraiment » de l’imagerie créée par Steven Spielberg il y a 25 ans. Putain, 25 ans ?!?
Pourtant, le réalisateur espagnol parvient à imposer sa vision et propose quelques moments mémorables (dont une haletante course contre un volcan en irruption et une dernière partie fuyant enfin les décors de jungle). Sans en dire trop, Bayona nous régale de scènes parfois proche du cinéma horrifique et on se met à regretter que Jurassic World 2 n’eu pas été interdit au moins de 12 ans. Le scénario tente même parfois des trucs un peu foufou.  Il y a bien quelques concepts et idées osés mais la mécanique fonctionne.
Je prédis un avenir radieux pour ce film qui allie divertissement de qualité et renouvellement pour une saga qui commençait à s’essouffler.

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