Oregon, USA. Deux frères, aux caractères assez différents, officient comme tueur à gage pour le compte du commodore. Ils sont chargés de trouver et d’exécuter un chasseur d’or du côté de San Francisco.
J’ai beau m’être forgé une petite culture cinématographique au cours de mes années passées dans les salles obscures, on ne peut pas dire que je voues une passion farouche pour les westerns.
Je suis pourtant assez friand de grands espaces, d’horizons lointains et de contemplation. J’aime quand la caméra prend son temps. J’aime me sentir immergé dans un univers qui n’est pas le mien. Cette sensation de ressentir le grand air, d’être ailleurs, de voyager. Le western est, bien entendu, une mine pour se genre de plans mais je ne sais pas ; sont-ce les inépuisables clichés que je dois avoir en tête (porte de saloon battant sans fin, duels incontournables ou autres chevauchées laborieuses) qui provoquent en moi, non pas un dégoût mais un relatif ennui ? Peut-être.
Vous l’aurez compris, à quelques exceptions près, ce « genre » (puisqu’il faut tout rentrer dans des cases) ne me fait pas trémousser d’impatience.
Et voilà que Jacques Audiard décide de faire les frères Sisters… Hum.
Il faut tout d’abord savoir que bien avant l’idée d’un film, le roman de De Witt a été un coup de cœur dans ma librairie et qu’il plaisait énormément. Je ne l’avais personnellement pas lu, mais j’en connaissais l’histoire et les retours très positifs. Un bon point.
Ensuite : je vais voir les films de Jacques Audiard ! C’est comme ça !
Alors qu’est-ce que ça donne quand il s’attaque au western ?
On n’est pas loin du chef-d’œuvre !
Ses sujets, ses acteurs, ses cadres… Audiard maitrise à peu près tout. Sa façon bien à lui de ne pas épargner le spectateur (c’est parfois cru et brut) tout en libérant sur l’écran des émotions fortes (parfois même positives et fraternelles) de filmer les corps au plus proche, de rentrer à l’intérieur de ses personnages ; on retrouve tout ça dans les frères Sisters. Vous me direz, filmer en gros plans un western c’est un peu l’inverse de ce qu’on attendrait. Mais rassurez-vous, le film n’est pas avare en vertes contrées et en forêts montagneuses. Le plus étonnant c’est que tous les petits gimmicks que l’on retrouve dans chacun de ses films, marchent pour celui-ci. C’est indubitablement un film de Jacques Audiard ; pourtant c’est un western, c’est en anglais et avec des acteurs américains. Mais ça marche monstrueusement !
Parlons-en des acteurs. Tous magnétiques, au service du récit. Dès la cinquième minute, on y est déjà attachés. Pourris ou alcoolos, avec tous leur travers, les personnages nous font vibrer. D’ailleurs, assis dans la salle s’éteignant, juste après les pubs, j’ai senti le coup de barre venir et j’ai flippé de m’assoupir pendant la projection. Tu parles ! On est embarqué dans l’histoire en deux temps trois mouvements et plus lâché jusqu’au merveilleux plan final.
Quel pied !

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