Quand on aime le cinéma depuis des années, le cinéma américain de surcroît, dire du mal d’un mec de la trempe de Scorsese c’est un peu comme cracher sur du homard aux truffes avant de le servir ; ça ne se fait pas !

Pourtant, au risque d’en choquer beaucoup, force est de constater que dans l’énorme filmo du bien nommé Marty, je n’ai jamais eu de profond coup de cœur, à part les Affranchis, Les infiltrés qui était un remake et Casino, avec quelques réserves. Beaucoup de ses films m’ont laissé de marbre bien qu’ayant des sujets forts. Je pense à Kundun, À tombeau ouvert, Les nerfs à vif (encore un remake), Aviator ou plus récemment Shutter Island et Hugo Cabret. Il est évident qu’il est l’un des piliers du cinéma américain (Taxi driver, Raging bull, la dernière tentation du Christ, New York New York, Gangs of New York, ok ok) le type est un monstre, certes, sait admirablement filmer et raconter des histoires, souvent fortes, mais ses obsessions pour le pouvoir, le déclin, la drogue, l’autodestruction ou encore la rédemption ne sont pas des sujets qui me font particulièrement fantasmer.

Et dans Le loup de Wall street, il y a bien tout ces éléments narratifs.

Pourtant le film est une bombe !

La chose qui m’effrayait le plus était de voir une nouvelle fois son (plus très) nouveau poulain, DiCaprio, dans le rôle titre. Adepte du cabotinage depuis quelques années, il avait tendance à m’horripiler, même si son personnage dans Django unchained était impressionnant. Dans le loup de Wall street, l’acteur en roue libre explose littéralement la pellicule et livre une performance totalement sidérante. Je vais devoir revoir mes jugements sévères.

Une autre chose extrêmement appréciable ; le film est drôle. Très drôle. Pas une comédie au sens propre, mais plutôt comme si vous regardiez un Tarantino aux dialogues ciselés qui, malgré un sujet grave, vous faisait exploser de rire devant l’incongruité de certaines scènes.

Outrancier (ça baise, picole, snife pendant 3h) ordurier (je ne vous refais pas le coup du nombre de « fuck » prononcés), jusqu’au-boutiste, extrême, complètement barré et donc très drôle, Le loup de Wall street est tout ça à la fois. On dit souvent que le trop est l’ennemi du bien, sauf que l’arc narratif est limpide, que le montage d’une précision d’horloger, que la musique est au cordeau, que le film pourtant très long passe en un clin d’œil et que tout les acteurs sont déments (attention surprise).

La perfection n’étant pas de ce monde, je mets un bon 9,5/10 mais vous l’aurez compris, Monsieur Scorsese, vous avez un nouveau fan.

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