Il n’y a pas que chez Télérama qu’on trouve des critiques « pour » et des critiques « contre ». Chez Nobirama aussi (on est plusieurs dans ma tête) !

Pour :

Abdellatif Kechiche est un maitre dans l’art de filmer l’insouciance. Regards, tentation, ivresse, trahisons, abandon… tous ces qualificatifs illustrent à merveille le travail du réalisateur franco-tunisien. Le spectateur est emporté dans un tourbillon de sentiments qui lui font tourner les sens et la tête. Entre contemplation et indolence, la jeunesse est filmée brute, sans filtre. Ce qui apparait comme de l’improvisation entre comédiens se transforme en vrai jeu de complicité et on se plait à vivre au côté de cette petite tribu tout un été. Bercé par le rythme des vacances estivales, entre amour de jeunesse, coeurs brisés, soirée alcoolisée et drague outrancière, Abdellatif Kechiche nous offre une bouffée de nostalgie heureuse.

Contre :

L’adage « le trop est l’ennemi du bien » se vérifie malheureusement avec ce film. Le problème d’Abdellatif Kechiche c’est qu’il ne sait pas s’arrêter quand il le faudrait. Deux séquences qui s’enchainent – une scène de photographie dans une étable, suivit juste après d’une scène en boite de nuit – illustrent très bien ce propos. La première est d’une puissance et d’une poésie rare, tout en délicatesse et en musique classique ; la deuxième éclate comme une bombe au son d’une grosse techno 90’s, pendant que la camera virevolte entre des corps dansants et se secouants frénétiquement, noyés d’alcool et de désir. La transition entre les deux est violente mais extrêmement jouissive et bien trouvée. Seulement la scène en discothèque s’éternise, s’éternise… Je comprends que le but recherché soit de provoquer chez le spectateur une émotion proche de la transe, mais le côté stroboscopique, tonitruant et mouvant de la scène me donne la nausée rien que d’y penser. Avec ces deux séquences, Kechiche nous procure en l’espace de 20 minutes une sensation de joie intense qui se transforme petit à petit en un raz le bol généralisé. On regarde sa montre, on se trémousse dans son siège… On comprend (on sait) qu’il aime ses acteurs et actrices ; le problème vient alors probablement de la table de montage.

2 thoughts on “Mektoub, my love : Canto uno

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