Il y a les gens qui adore Darren Aronofsky et ceux qui détestent. A bien regarder les critiques du cinéaste tout au long de sa jeune mais prolifique carrière, les commentaires sont très souvent contrastés. Peu de zones de gris, le spectateur navigant entre amour et haine. Il faut reconnaître que le réalisateur new-yorkais n’aime pas caresser son public dans le sens du poil. Tant mieux. 

Malgré donc une filmo éclectique et remuante, Aronofsky n’a jamais vraiment réussi à me convaincre, exception faite à Pi que j’ai beaucoup aimé. J’ai détesté Requiem for a dream. The wrestler, The fountain et Noé m’ont laissé complètement indifférent et Black swan, pourtant de belle facture, m’a relativement peu emballé. La faute souvent à de trop grosses ficelles et des messages allégoriques aussi subtiles que des mammouths jouants à la dînette dans un magasin de porcelaine. 

Mother ! Est-il fait du même bois ? 

Une jeune femme (Jennifer Lawrence, parfaite en muse hystérique) et son mari, un poète reconnu (Javier Barden fidèle à lui-même) se sont installés dans une grande demeure loin de tout. Un isolement recherché par l’époux en question, histoire d’avoir le calme nécessaire pour écrire son nouveau chef-d’oeuvre. Mais l’inspiration de ce dernier ne vient pas, l’épouse aimante et docile semble perdue au milieu de cette immense maison (complètement flippante) et une atmosphère étouffante commence à s’installer. Un soir, on frappe à la porte et tout part en sucette !

On ne peut pas dire que la subtilité soit le point fort de Aronofsky et la première chose qui me soit venu à l’esprit au moment du générique de fin fût : « si seulement Roman Polanski avait fait ce film !! »

(Spoilers now)

Mother ! est une réflection profonde mais grossière sur le processus de création ; de sa conception jusqu’à « l’enfantement ».

On sait que les artistes, en général, traversent des périodes extrêmement violentes quand ils doivent se séparer de leurs œuvres. Si l’on prend l’exemple d’un cinéaste, ce dernier tenant une idée, dois la développer. Vient alors l’écriture, la recherche de subventions, de comédiens et de lieux, le tournage peut commencer puis vient le montage, la musique le son. Une fois terminé, le réalisateur doit alors se séparer de l’œuvre qui l’a (littéralement) nourri voire hanté pendant des semaines, des mois, parfois des années et finalement la jeter à la plèbe affamée.

Pour recommencer…

C’est tout ce  processus mental et ce déchirement que Darren Aronofsky a décidé de filmer non pas au figuré, mais bien au propre. Ce servant de tout ce qui peut nourrir le quotidien d’un artiste ; syndrome de la page blanche, processus d’écriture, transe manifeste quand l’idée est là, fans hardcores (Amelie Nothomb devrait aimer le film) futile moment de gloire, fierté éphémère, accouchement de l’œuvre dans la douleur et éternel recommencement. 

Le tout arrosé de moment bien trash (moins de 12 ans, vraiment ?) 

Mélangeant donc peur primaire (la première heure dans la baraque craquante est très flippante) chaos sans nom (la deuxième heure bascule dans un grand n’importe quoi techniquement maîtrisé) Aronofsky fait donc encore parler de lui en nous livrant une œuvre sans aucune finesse mais avec un gros majeur au garde à vous. 

6/10

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