Si Spielberg est une icône du cinéma américain, il est pour moi avant tout un repère, une balise, un socle. Il a pour ainsi dire forgé ma culture cinématographique. D’ailleurs je préfère l’image de la poterie ; si ma culture de l’image a été façonnée par le cinéma en général, Steven Spielberg en a été la glaise.

Je ne dis pas que le réalisateur américain n’a fait que des bons films et je n’aime d’ailleurs pas toute sa filmo. Si on oublie l’accident Indy 5, appuyé par un George Lucas en déperdition, certains films de Spielberg m’ont vraiment laissé de marbre : Attrape-moi si tu peux, Le terminal, Hook, le trop ambitieux A.I., le soporifique Lincoln…

A bien y regarder, dès que Steven Spielberg s’attaque à des sujets forts (la guerre, le racisme, la politique…) soit c’est un chef-d’œuvre comme La liste de Schindler ou Il faut sauver le soldat Ryan soit des déceptions : 1941, Amistad, Cheval de guerre, Le pont des espions… Voire un peu des deux comme Munich !

Mais malgré ce que je considère de façon totalement subjective comme des petites erreurs de parcours force est de constater l’immense carrière du Monsieur et de son indéniable talent (génie ?)

Malgré tout, j’ai mis du temps à aller voir Pentagon papers car j’ai eu peur de ce que j’appellerai : le syndrome « Des hommes du président ». Lenteur excessive, blabla interminable, la moindre faute d’inattention et c’est le décrochage assuré. Entendons nous bien, Les hommes du président est un bon film. Certains diraient un grand film. Un film qui compte. Et il est évident que certaines scènes de Pentagon papers, où la caméra virevolte entre les bureaux, suivant les protagonistes à travers la salle de rédaction du Washington post font indéniablement penser au film de Pakula. 

Mais je suis désolé de vous le dire, le cinéphile que je suis s’est emmerdé devant le film de 1976. Je sais…

Alors syndrome, pas syndrome : et le dernier Spielberg est un très bon film !

Véritable ode à la liberté de la presse, pamphlet contre le pouvoir omniscient de l’état américain et film résolument féministe, Pentagon papers s’inscrit comme une réussite totale en la matière durant ses 1h55 de projection. Spielberg s’empare du sujet avec une maestria implacable et emporte le spectateur dans ce tourbillon cinématographique qui prend souvent des allures de polar et de film d’espionnage sans jamais être ennuyeux, ronflant ou verbeux. 

Évidement la technique est irréprochable (même si la lumière crue de Januz Kaminski a tendance à me gonfler de plus en plus) et les acteurs sont parfais. Meryl Streep et Tom Hanks, malgré leurs improbables brushing, sont impressionnants, mais comme toujours dans les films de Spielberg, ce sont les « petits rôles » qui frappent le plus, à l’image du fantastique Peter Gould, le Saul de Better call Saul, terrible de justesse. 

D’une fluidité déconcertante dans son montage et sa compréhension (sur le papier, parler du conflit qui oppose l’état américain à des organes de presse, concernant des documents classés confidentiels volés sur fond de guerre du Vietnam saupoudré à la sauce féministe n’était pas forcement gagné d’avance) Pentagon papers n’est pas loin d’être un classic instantané. 

Une réussite donc, et comme on aime Spielberg et qu’il nous le rend bien, nous aurons le droit à un deuxième film du réalisateur dès le 28 mars prochain, avec Ready player one, un divertissement d’anticipation à la sauce 80’s qui s’annonce complètement déglingos !!!

Chic. 

4 thoughts on “Pentagon papers

  1. Merci Bruno
    Ton ennui pour les Hommes du Présidents n est il pas aussi du à une cause générationelle C était un film éminament politique qui sortait en meme temps que l’arrivée de Carter et qui effectivement etait un peu lourd mais vraiment passionant
    Peut etre aussi un peu de jalousie parceque Robert R était vraiment au sommet de son physique!
    En tout cas pour moi le best de ce genre de film c est vraiment Les trois jours du Condor…

    1. De rien et merci pour ton post Didier. En effet, le film a passionné une foule de personne dont des gars de ma génération. Peut-être l’ai-je « mal » vu. Il y a des films que tu vois distraitement, peu concentré ou en DVD alors qu’il mériterait sûrement un bon scope. Et le côté politique n’est pas un frein pour moi, j’aime plutôt.
      Et j’ai beaucoup aimé les 3 jours du Condor 😉

  2. Je fais campagne pour que 1941 remonte dans ton estime. Cette comédie foutraque, déjantée, cartoonesque, mais inégale et un peu longue certes, a été le plus gros échec critique et public de Spielberg mais a été reconsidérée avec le temps. C’est loin d’être un chef d’œuvre mais c’est son film le plus barré et l’un des plus cultes.

    1. Nan mais en plus je l’ai revu il n’y a pas si longtemps, j’ai même le DVD, mais non. Trop barré, trop hystérique pour moi. J’ai essayé.

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