Ce qui est génial avec Bacri et Jaoui, c’est que lorsqu’on va voir un de leur film, on sait très exactement ce qu’on va y trouver et on est assez rarement déçu. 

Place publique ne déroge pas à la règle, on rayonne en sortant de la salle.

On rit, bien sûr, mais surtout, on ne peut s’empêcher de penser à nos vies, faites parfois de futilités et de faux-semblants. Nous vivons dans un monde parasité par la technologie (téléphones, selfies, GPS, Internet, youtube, audimat) nous aimons défendre de nobles causes en restant assis dans notre canapé ou manger bio tout en achetant des cochonneries. Agnès Joui s’en donne à coeur joie. De droite comme de gauche, du bourgeois au paysan, du nanti au prolo, de l’intello au youtuber, tout le monde en prend pour son grade. Les acteurs sont merveilleux de justesse et si Bacri fait du Bacri, ne va t’on pas finalement le voir pour ça ? En tout cas moi oui !

Dans ce monde hyper-connecté donc, nous passons souvent à côté de l’essentiel (et je mesure l’ironie de la chose alors que je tape ce brouillon sur mon smartphone en faisant à peine attention en traversant la rue…) Place publique est une caricature et elle nous touche en plein cœur. 

Les personnages – et il y en a beaucoup – ne sont jamais inutiles, même aperçus quelques secondes. Ils ont tous leur rôle à jouer dans ce film choral qui dissèque tous les petits travers de l’Homme. Une poignée de main trop forte, un accent serbe trop prononcé, une oreillette vissée au tympan, une voiture abîmé… tout est bon pour mettre un petit coup de pied bien placé là où ça fait mal. Dans ce film qui titille, gratte et démange, vous retrouverez à coup sûr votre belle-mère, votre voisin, votre ex ou votre tante. Et malgré le décalage, l’incongruité et la mélancolie de certaines scènes on ne peut s’empêcher de se marrer (le plus souvent jaune) tant le duo d’acteurs/auteurs/réalisateurs tombe juste encore une fois. 

Il faut noter une fois de plus l’incroyable finesse d’écriture, aussi fluide que drôle. D’ailleurs dans une scène, une méprise entre les mots « Brochette » et « Bronchite » me fera probablement la semaine !

Vivement le prochain !

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