Rebooter un verhoeven, voilà bien une misérable idée. Quand on voit ce qu’ils avaient fait avec Total recall, on était en droit d’avoir très peur.
Surtout que le Robocop de 1987 avait marqué les esprits à l’époque. Très noir et très gore ; qui a oublié l’horrible exécution de l’agent Murphy, l’affreuse mort d’un bad guy défiguré par un liquide radioactif et explosé par une voiture ou encore le capricieux ED-209 tirant sur tout ce qui bouge.

Non, la vrai bonne idée de Robocop dernier du nom a été de ne pas copier bêtement son prédécesseur.

Beaucoup plus édulcoré certes mais avec un casting sidérant – génial et méconnaissable Joel Kinnaman (The killing US) – le film fait la part belle à l’histoire, laissant de côté la surenchère d’action trop souvent de coutume dans le paysage hollywoodien.

Le réalisateur brésilien José Padilha se laisse même aller à quelques trouvailles qui rendent hommage à son compatriote néerlandais, comme l’omniprésence des médias, véritable gangrène patriotique qui dictent leur loi. Les protagonistes évoluent aussi dans un futur proche mais très plausible, ce qui donne une véracité certaine au récit. Robocop propose aussi quelques images marquantes, comme l’intro très bien trouvée et une vue très « réduite » du héros métallique , qui fait son petit effet.

Est-il souhaitable de défendre un pays en utilisant des armées de robots, l’humanité chez une machine est-elle une bonne chose ? C’est à ces questions qu’essaye de répondre le film et souvent de façon astucieuse. La réalisation offre un bel écrin à cette histoire qui, si elle n’a rien d’originale dans son propos, permet de passer un très agréable moment de cinéma.

Le seul bémol : entendre dire à travers les médias que le réalisateur a eu les mains liées pendant toute la production du film et que son Robocop ne ressemble pas du tout à ce qu’il souhaitait. On aurait bien aimé le savoir tiens !

7,5/10

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