© Mars Films

Loin de moi l’idée de débattre dans cette critique de la pertinence (ou non) de représenter la barbarie nazi au cinéma. Je parle bien ici de « mise en scène » et non de documentaire, vous l’aurez compris. Personnellement je penche pour le oui mais c’est un autre sujet.

Le film est divisé en deux parties, chacune montrant un point de vue assez différent ; l’ascension de Reinhard Heydrich (qui œuvra à l’élaboration de la solution finale et dont le titre HHhH fait référence) et l’organisation résistante planifiant son assassinat potentiel. Je vous laisse le soin de voir le film ou d’ouvrir un livre d’histoire (ou Wikipedia) si vous voulez connaître le mot de la fin.

Jason Clarke/HEYDRICH © Mars films

Le parti pris de mise en scène peut gêner au début, mais reste assez intelligent et réfléchi. En effet, tel un reportage la caméra est très souvent portée à l’épaule et extrêmement près des protagonistes. Si cette intention déroute en premier lieu, elle s’avère redoutablement efficace et provoque chez le spectateur la sensation de participer à l’action.
A l’image des liquidations des ghettos vus dans La liste de Schindler de Spielberg et du pianiste de Polanski, cette immersion peut provoquer un malaise car on touche ici à un sujet délicat. Montrer l’horreur nazi de façon cinématographique en essayant de se rapprocher le plus possible de la véracité historique.

Mais un élément ébranle sérieusement les fondations posé par Cédric Jimenez. Le réalisateur français se permet en effet des scènes d’action pure – et plutôt bien filmées par ailleurs – qui jure totalement avec ce qu’il a construit dans la première moitié du film, cette fameuse crédibilité historique.

Jason Clarke/HEYDRICH © Mars films

Je comprends l’idée. Il est clair que le réalisateur a souhaité mettre en avant les actes héroïques et souvent inconscients de ces résistants près à se sacrifier pour la liberté. Mais le spectateur perd ses repères et croyant suivre un film historique, âpre et brutal, se retrouve avec un western dans la dernière demi-heure (un tout petit peu de mauvaise foi mais l’idée est là).

On n’est pas non plus dans la faute de goût, mais l’attachement (ou le dégoût) que l’on peut avoir pour les personnages tout le long de HHhH est sérieusement mis à mal par cette fin trop cinématographique finalement. Paradoxal, mais tout est question de dosage et d’alchimie.

Jason Clarke/HEYDRICH, Rosamund Pike/LINA VON OSTEN © Mars films

Néanmoins le film reste solide et appréciable. Un réalisateur plus expérimenté aurait peut-être réussi le sans faute.

6,5/10

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